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14/05/2008

Pétition la Poste / État des lieux et infos pratiques]

PETIT RAPPEL : En 2007, vous avez été près de 8000 à signer la pétition «Tarif postal - pour la libre circulation des idées » développée par La Coordination des Indépendants du livre. Cette pétition a été officiellement déposée en décembre aux ministères de la culture, des finances et à la direction de La Poste. L’objectif est, et reste toujours, l’obtention d’un tarif réduit spécifique pour le livre, comme il en existe dans certains pays européens.
Reprise et soutenue par une quarantaine de parlementaires (Gauche, Droite et Indépendants confondus), elle a fait l’objet, en 2007, de nombreuses questions écrites au gouvernement, dont les réponses ont été publiées au Journal officiel à la fin de l’année.
Par contre, nous n’avons encore aucune réponse officielle de la Direction de la Poste. Mais l’attention particulière que porte le Ministère de la Culture (Direction du Livre et de la Lecture et le CNL) à notre requête, les discussions qu’il a déjà engagées avec l’administration postale, le soutien de syndicats professionnels, la mobilisation des élus et celle de l’ensemble des signataires, et celle de la presse professionnelle, montrent que la question des tarifs postaux reste une question cruciale pour l’économie du livre. Question qui ne peut plus être aujourd’hui occultée, elle concerne aussi bien les éditeurs que tous les acteurs du livre, mais aussi les lecteurs, en dernier ressort.

LA POSTE : La nouvelle politique commerciale de la Poste s’inscrit dans le cadre de l’ouverture au marché européen et de sa privatisation totale à l’orée de 2012. Même si l’on peut déplorer cette évolution libérale, dans ce nouveau cadre on ne peut reprocher à la Poste de réorganiser ses services et prévoir ses nouveaux objectifs face à la concurrence future. Mais elle ne peut ignorer les engagements auxquels elle est tenue, en particulier, ceux qui relèvent de ses missions de service public vis-à-vis de l’Etat, et ceux qu’elle a contractés dans le cadre de l’Union Postale Universelle, dont elle est signataire.

Tarif « Lettre «
Ainsi, la Poste depuis quelques temps refusait à l’usager l’envoi d’objets (livre, cassette, CD, etc.) au tarif « lettre », l’enjoignant d’utiliser le « colissimo » sous le prétexte qu’il s’agissait de « marchandise » et non de… « correspondance». Or, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes (ARCEP), interrogée par de nombreux usagers et associations, vient de rendre son verdict et a tranché en faveur des consommateurs : « LA POSTE n’a pas le droit de réserver le tarif “LETTRE”… aux seules lettres. Autrement dit, il est possible de glisser dans une enveloppe un objet (livre, CD, objet divers), sans forcément s’acquitter du “tarif colis”. Ainsi en a décidé l’Arcep. Elle rappelle que les usagers ne peuvent être contraints de recourir au tarif colis“si le client estime que la prestation lettre satisfait ses besoins, la Poste ne peut lui interdire d’expédier son envoi au tarif lettre ”.
[sources : La Lettre de l’Arcep – septembre 2007)

Le « sac de livres »
Avec le même aplomb, la Poste, avait fait disparaître de son offre tarifaire le « sac de livres », faisant répondre aux guichetiers que cela avait été supprimé (sic) depuis plusieurs années. Ce tarif réduit pour l’envoi de livres, adopté par une majorité de d’éditeurs, libraires, bibliothécaires, etc. existe toujours, bel et bien. Après avoir interrogé le Ministère des Finances (ministère de tutelle de la Poste), nous avons eu la réponse attendue, publiée au Journal officiel en décembre, qui contredit les assertions que l’on nous tient dans les bureaux de Poste.

Réponse du ministère des finances :
« Le décret n° 2007-29 du 5 janvier 2007 relatif au service universel postal et aux droits et obligations de La Poste et modifiant le code des postes et des communications électroniques précise les services d'envois postaux compris dans le champ du service universel. Or, le service d'envoi des livres n'est pas compris dans la liste des offres du service universel. La Poste propose cependant une offre tarifaire spécifique pour l'envoi des sacs de librairie. Cette offre, également appelée « sacs de livres » n'a jamais été supprimée. Elle consiste à accorder un tarif préférentiel pour les envois de livres à l'adresse d'un même destinataire (4,90 euros pour cinq kilogrammes puis 0,90 euro par kilogramme supplémentaire, dans la limite de vingt-cinq kilogrammes dans le régime national). Il semble que les éditeurs supposent que la prestation « sacs de livres » n'existe plus en raison d'une évolution de l'offre proposée par le concessionnaire de machines à affranchir Neopost. Ce dernier ne commercialise plus le logiciel qui permettait de traiter, entre autres, les envois de ces produits. Ses clients, à l'instar des clients des autres concessionnaires, doivent désormais entrer manuellement la tarification correspondante aux livres sur leurs machines à affranchir. Il leur est également possible d'affranchir leurs « sacs de livres » avec des timbres-poste selon le tarif en vigueur. Compte tenu du manque de visibilité sur cette prestation, le Gouvernement propose d'instaurer une réflexion entre La Poste et les professionnels du livre afin de leur proposer des solutions responsables qui tiennent compte des spécificités de leurs besoins et des contraintes techniques économiques et juridiques de l'opérateur ».
Sources : [JO du 11 décembre 2007 - page : 7840]

Commentaires
Il est donc à nouveau possible d’envoyer en France des livres ou tout autre objet au tarif « lettre » sans avoir à justifier de son contenu. Ce tarif est ouvert jusqu’à 3 kg.
La revue « Que Choisir » (n° du 30/10/07) commente ainsi la décision de l’Arcep : « Cet arbitrage est une petite victoire pour les consommateurs. Ces derniers ont en effet rapporté à l’Arcep comme à la Commission européenne, des difficultés récurrentes à faire affranchir au tarif “lettre” un pli ne contenant pas que de la correspondance. Et il est vrai que les guichetiers affichent souvent des réticences. Or la différence de prix n’est pas anodine. Pour un CD et son boîtier (ou un livre de moins de 250 gr), l’expédition au tarif “écopli” coûte 1,57 e contre 5,10 e en “colissimo”, qui est aujourd’hui le service de base d’envoi des paquets »

La Poste vient de sortir un « nouveau produit » appelé Lettre Max, destiné entre autres, aux livres, tentant ainsi de contourner les obligations de l’Arcep. L’utilisation de ce cette « lettre max » n’est en rien obligatoire pour envoyer un livre, d’autant qu’elle est aussi onéreuse que le Colissimo. Il ne faut pas se laisser impressionner.

Concernant le tarif « Sac de librairie » nous invitons les éditeurs et libraires à l’utiliser massivement. Le tarif actuel est de 4,90 euros pour les cinq premiers kilos + 0,90 euros par kg supplémentaire jusqu’à 25 kg. Les sacs postaux sont à obtenir auprès de La Poste qui doit les fournir gratuitement. À noter que ce tarif qui concerne exclusivement le livre peut-être utilisé sans justificatif d’activité par tous ceux qui envoient des livres, les délais ne sont pas garantis, mais sont de 3 à 5 jours. Une nouvelle grille tarifaire sera mise en place par La Poste en mars 2008. et,si cette prestation n’est pas suffisamment demandée par les clients, elle risque d’être tout simplement supprimé de l’offre tarifaire à venir.

Rappelons également qu’il existe un tarif réduit pour l’envoi de livres ou brochures à l’étranger : tarif « Livres et Brochures International » (jusqu’à deux fois moins cher que les envois en national). Ce tarif est ouvert jusqu’à 5 kg. Mais attention, cette prestation aussi n’est pas proposée aux guichets, si on ne la demande pas. Et il faut souvent lourdement insister !

A noter que Jean-Louis Bianco (député et ancien ministre) va constituer, avec la vingtaine de parlementaires qui ont posé des questions écrites au gouvernement, depuis deux mois, un groupe de travail pour promouvoir l’adoption d'un tarif postal spécifique pour le livre (une extension naturelle de la loi Lang) à la manière de ce qui se fait déjà dans de nombreux pays européens, dont l'Espagne et l'Allemagne.

Après la remise officielle du texte de l'appel pour un « tarif postal livres et revues », nous disposons donc maintenant d'une feuille de route pour les mois à venir. Avec, en ligne de mire, la mise en place d'un tarif spécifique pour l'envoi de livres. Et l'investissement important des députés, mais également des professionnels, dans ce dossier nous laisse espérer une fin heureuse.

Enfin, concernant l’éventuelle réflexion que le Gouvernement propose d’instaurer entre La Poste et les professionnels du livre, nous demandons que la Coordination des Indépendants du livre soit associée à cette négociation.

Continuons…
Si ces petites avancées et mises au point sont un progrès (mais elles ne sont que l’application de la loi), elles n’annulent pas la revendication première de la Coordination des Indépendants du livre contenue dans la pétition « Pour la libre circulation des idées » dont l’objectif est l’obtention d’un TARIF SPECIFIQUE REDUIT POUR LE LIVRE.

La pétition est toujours ouverte sur le site : http://www.cynthia3000.info/petition/index.php

Merci de votre attention, de votre soutien passé, et futur…
Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant des suites données à ces actions, si vous le souhaitez.

Cordialement
la Coordination

Pour toutes questions, tarifs en cours, etc : Coordination des Indépendants du livre laposte@lekti-ecriture.com ou encore, Daniel Delort : laposte@atelierdugue.com

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14/05/2008

Les Editions La Part Commune



Les Editions La Part Commune entendent faire partager leur passion pour la littérature selon la phrase de Perros : « Aimer la littérature, c’est être persuadé qu’il y a toujours une phrase écrite qui nous re-donnera le goût de vivre, si souvent en défaut à écouter les hommes ».

Faire partager et donner à lire des ouvrages qui à travers leurs différences, leurs diversités, ont une commune destination, un lieu où chez le lecteur vont pouvoir « prendre feu tous les possibles ».

Après avoir fondé et dirigé pendant quinze ans les Editions Ubacs, qui ont été contraintes de cesser leur activité en 1993, Yves Landrein en créant les Editions La Part Commune en 1998 reprend le travail accompli jusqu’alors : remettre en lumière des auteurs et des œuvres injustement oubliés et découvrir de nouveaux talents, à travers romans, essais et poésie.

Editions La Part Commune

16 quai Duguay-Trouin

35000 Rennes

http://www.lapartcommune.com/

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13/05/2008

Anthologie de littérature oubliée....



Perdus/Trouvés, Anthologie de littérature oubliée, notre plus gros livre jusqu’à présent, est encore disponible, ses éditeurs répondent de leurs actes. http://www.monsieurtoussaintlouverture.net/

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13/05/2008

Réalité non ordinaire italienne...

REALTÀ NON ORDINARIA

http://www.realtano.it/


presenta

nello spazio virtuale dedicato alla "Parola."

Percorrendo gli argini della vita, vedo scorrere...parole


le poesie di


http://www.realtano.it/versi.htm

http://www.realtano.it/versi_05.html

http://www.realtano.it/


# Se non desidera ricevere gli inviti "Versicolazioni" di Realtà non Ordinaria, risponda a questa mail scrivendo nel testo “cancellatemi


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13/05/2008

Sujet : Le taiseux est parti

Le taiseux n'est pas parti... Il est là, tout bruissant de son silence, de sa pudeur, de sa souffrance, de son amour...comme un signe qui brise la solitude de la maladie et de la mort. Ce signe, c'est avant tout l'amour d'une mère, amour qui précède, amour qui accompagne, amour qui caresse furtivement d'un regard, d'un silence, d'un mensonge, d'une pression de la main...amour qui s'efface pour que l'enfant envahisse la totalité du monde, des étoiles jusqu'aux sèves lentes du Berry. J'ai suivi, pas à pas, la sente laissée pas ces mots, pas trop prés, par respect, pas trop loin par partage. Duszka, dont je ne veux inscrire que le beau prénom comme celui d'une amie, parle de toutes les mères, celles des enfants vivants, celles des enfants perdus. Son cri ressemble à des pas sur la neige, bruit étouffé de celle qui pleure en silence ou de celui qui s'éloigne vers ce pays de l'autre côté de la vie. Il y a osmose entre ces deux-là, le garçon met la mère au monde et la mère le rejoint dans un chemin vers l'origine. Je ne sais plus, en fermant le livre, qui est la mère et qui est l'enfant, tant ils se sont protégés et portés, tant ils se sont confondus comme des transparents. La mort devient si fine, un trait en pointillé entre un silence et un> murmure. Point n'est besoin d'alourdir le mystère par les strates des croyances ou leur absence. Ils ont réinventé l'éternité par la puissance de leur amour, au cœur de la ronde de tendresse familiale, tournoyant au milieu d'autres cercles lumineux, les médecins, les infirmières, les amis... Pouvez-vous, cher Michel, offrir à Duszka, cette page d'une nouvelle qui dormait en bas d'une de mes étagères. Je l'ai écrite, un jour où il m'a semblé que la mort passée, deux êtres se retrouvaient dans la liberté du vol des oiseaux... ( Un grand bonheur l'envahit, ses enfants allaient bien. Dans le soleil du matin, penser à leur vie et à celles des petits- qui avaient bien grandi ! - lui semblait une grâce suffisante... Elle sortit de sa vieille valise un paquet fermé par un ruban bleu. Ah ! Ces lettres... Elle ne s'en était jamais séparée. Elle les relues avec émotion, avec tendresse. Le passé avait un goût de "madeleine"... Elle se sentit un peu lasse et se dit qu'un petit somme avant l'arrivée de sa fille, lui ferait le plus grand bien. Et puis, elle avait les clés ! Il faisait si doux... Elle commença à marcher sur une route qui traversait l'épaisseur du monde, qui s'enroulait autour d'une montagne très brillante. Elle regardait, émerveillée. C'était comme si elle touchait l'invisible... Elle s'abandonnait, avec une confiance absolue, dans une main familière... Elle n'avait pas froid pourtant il avait neigé. Elle entra dans une clairière éclairée par la lune. La lumière était bleue, d'un bleu d'une blancheur immaculée. Elle vit des traces inconsistantes laissées par un oiseau. Elle eut l'impression qu'elle n'était pas seule... Soudain, une mouette au cri perçant, fendit l'espace. Elle raya d'une de ses ailes la surface de la neige, soulevant une gerbe d'écume. Elle l'appelait... Sarah était prête maintenant, à s'envoler. Le paysage chavira dans un poudroiement d'or et de lumière. Les ailes des deux mouettes allaient côte à côte... ) Mon affection à... l'orpailleur et à la... pépite ! Christiane

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22/04/2008

Livres Monstres en Forme

Une (septième) journée d’étude sur les Livres Monstres aura lieu
le mercredi 7 mai
au Musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis
22 bis rue Gabriel Péri 93200 SAINT-DENIS
Métro Saint-Denis Porte de Paris (suivre Centre ville) ou Saint-Denis Basilique

Explication du titre : il arrive que ce que le signataire de ces lignes nomme « livres monstres » (= les très rares qui dérogent au sacro-saint principe de subordination de tous leurs paramètres à la lisibilité de leur sens) n’aient pas l’apparence en général peu remarquable de ce qu’il est désormais convenu de nommer « livre d’artiste » (par antiphrase sans doute, car la plupart d’entre eux ne font l’objet d’aucune élaboration artistique aux sens esthétique et unique du mot, et ne peuvent être lus qu’en gros, ce qui fait que les lecteurs ne les considèrent pas comme des livres et que les artistes restés fidèles aux anciennes exigences de l’Art ne les considèrent pas comme des œuvres) : ils exhibent au contraire leur différence, roulent des mécaniques, montrent leur monstrueusité, à l’image de ces livres à systèmes ou « pop up » qui vous sautent à la figure lorsque vous les ouvrez et dont l’enchantement perdure longtemps après que l’on ait cessé d’être l’enfant auquel ils étaient destinés. Dans ces livres, très rares parmi les rares, exceptionnellissimes exceptions entre des exceptions, le format, la forme, le papier, la typographie, les illustrations, la mise en page, tout ce qui est d’ordinaire neutralisé s’anime et si l’on veut se les approprier, il faut accepter de perdre son temps à les regarder, les admirer, les toucher, les caresser, les manipuler, s’interroger sur les raisons de chaque choix formel et, ce faisant, rêvasser à ce qu’ils traduisent : ils vous obligent à sortir aussi bien de votre torpeur physique de lecteur que de votre bovinisme admiratif de badaud muséal.

Exemples ? Dans Baliv (r) ernes, de Christian Moncelet, vous êtes accueilli, après être passé par l’achevé d’imprimer, par une adresse au « lacteur » que vous ne pouvez lire qu’à travers un trou dans le papier en forme de trou de serrure ; dans l’édition par Jean-Jacques Sergent du poème « sonore » de Kurt Schwitters Die Wut des Niesens (La fureur de l’éternuement), chaque onomatopée de l’éternuement (on dira pour simplifier « onomatopéternuement », et on le répétera une dizaine de fois, à voix de plus en plus haute) est imprimée à la fois en rouge volcan gras italique et en gaufrage sur un papier buvard qui évoque peu résistiblement un mouchoir en papier et constitue la matière d’une page de petit format (A5 environ) à l’italienne, selon une progression de taille qui correspond (probablement) à la marche rapide de cette explosion vers sa microapocalyptique apothéose ; dans le fragment d’Érik Satie mis en livre par François Righi (avec une composition typo de Jean-Jacques Sergent) sous le titre Recoins de ma vie («/…/ Croyant bien faire, presque à mon arrivée ici-bas, je me mis à jouer quelques airs de musique que j’inventai moi-même,… tous mes ennuis sont venus de là… »), une suite de six gravures opère préambulatoirement la métamorphose d’un escalier descendant abruptement du ciel de quelque grenier en la silhouette du fameux chapeau melon de celui que Jarry avait surnommé Ésotérik Satie, préfigurant énigmatiquement mais littéralement les difficultés d’atterrissage que confie le compositeur des morceaux en forme de poire ; dans « Renvoi miroirique ? » de Jean Sabrier, qui se présente comme un mini-DVD dont la « lecture » par un appareil approprié permet de contempler la suite fantastique des réflexions anamorphotiques de la Bataille de San Romano de Paolo Uccello sur un miroir-urinoir pivotant lentement sur son socle, les considérations de forme ont pris une telle importance qu’il n’y a plus du tout de texte, mais il s’agit bien d’un livre, un livre qui, plus encore peut-être que le Grand verre de Duchamp - dont il prolonge certaines suggestions - doit être songé, pensé et éventuellement écrit par ses « témoins occulistes » ; dans Tant d’espace (1991), un ensemble de collages encore impublié de Philippe Demontaut, où des enfants sont dans des rapports divers et variés avec des globes terrestres, tout ce que dit le livre passe également par les images seulement ; dans La Brisséide de Nicolas Cirier, pamphlet contre le baron Brisse, chroniqueur gastronomique du Figaro, publié en 1867 à 300 exemplaires (et réédité à l’identique en guère plus grand nombre et en 2004 par les Éditions des Cendres), il y a, outre un jeu très sensible avec les variétés de taille, de graisse ou d’italicité de la police de caractère ainsi qu’une page manuscrite et dessinée, une foultitude de « papillons » sur papier jaune avec des citations et des commentaires en rapport avec le texte de la page sur laquelle ils sont collés, et le livre même est enveloppé dans une feuille de papier orange sur laquelle sont annoncés d’autres ouvrages du même auteur.

À quoi riment ces diverses élaborations « formelles » ? Quels sont leurs effets ? On identifie tout de suite des valeurs de jeu, d’humour et d’expressivité, mais il y en a certainement d’autres, en particulier de pudeur, de secret voire de sacré (singulièrement présentes dans les livres œuvres somptueux et énigmatiques de François Righi) ou encore de… rappel au désordre à destination des académiques du livre (les livres bariolés et annotés de Cirier, qui se définissait comme « Insulteur » et rappelait qu’une telle profession existait dans la Rome antique, sont aux livres bourgeoisement normaux ce que le poème que Rimbaud alias Alcide Bava adressa à Banville à propos de fleurs est à la poésie idéaliste, rhétorique et creuse de toutes les époques (« De vos forêts et de vos prés,/O très paisibles photographes !/La Flore est diverse à peu près/Comme des bouchons de carafes ! »).

Pour avancer dans ces questions sans risquer de perdre de vue l’essentiel - les œuvres -, nous avons invité quelques-uns de ceux qui imaginent, conçoivent et réalisent de tels livres monstres « en forme » à venir nous parler de ce qu’ils font.

Forme (horaire) de la journée d’étude des livres en :

9 h 10 - 9 h 50 : Étienne Cornevin : L’ivresse des livres animés

9 h 50 – 10 h 30 : Jean-Jacques Sergent (Fulbert éditions) : L’art de donner du caractère

10 h 30 – 10 h 40 : pause

10 h 40 - 11 h 20 : François Righi (D’ailleurs l’image) : Allez voir ailleurs si l’image…

11 h 20 – 11 h 50 : Jean Sabrier (Éditions Liard) : le liard ne ment qu’à demi

14 heures -14 h 40 : Philippe Demontaut : L’enfant et les sortilèges (retours à)

14 h 40 – 15 h 20 : Marc Kopylov (Éditions des cendres) : Cendres et diamants de la folie livresque

15 h 20 - 15 h 30 : pause

15 h 30 – 16 h 10 : Christian Moncelet (B.O.F éditions) : Car les BOF sont des PCM, voyez-vous

16 h 10 – 16 h 50 : Étienne Cornevin : Formes et contenus de la révolte des Formes

Cette journée d’étude est destinée, dans un ordre d’importance mal déterminable : à donner aux participants le sentiment qu’ils ne sont pas si seuls à donner aux étudiant(e) s qui suivent le cours du camarade organisateur sur les merveilles & énigmes des livres monstres de se convaincre de l’existence de gens (« vrais ») à l’origine de ces énigmes & merveilles à faire découvrir des livres œuvres admirables et généralement méconnues ou ignorées à avancer dans la connaissance et la compréhension de ce pour quoi il ne semble pas y avoir de meilleur terme que « Livre Monstre » à recruter de nouveaux adhérents pour le club des amis de la poésie artistique et de l’art poétique (section des irréductibles)

La (peu rigide) limitdéplasdiçponibl est la seule force qui pourrait s’opposer à ce que le curieux inconnu (ou connu, et féminin, et pluriel) joue pendant cette journée le rôle de ce que les membres du Collège de "pataphysique" nomment « auditeur apparent ».


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3/03/2008

Info Castor Astral et Éditions Seghers

Le Castor Astral et Les éditions Seghers

seront heureux de vous retrouver à l'occasion du 10e Printemps des poètes le mercredi 5 mars 2008 de 19 à 21 heures dans le magnifique espace de la toute nouvelle Librairie du Parc Grande Halle de la Villette / Parc de la Villette

211 avenue Jean-Jaurès – 75019 Paris (M° Porte de Pantin) Tél. 01 42 38 37 52



En compagnie des poètes :

Zéno Bianu Pour la parution de Chet Baker (déploration)

Seyhmus Dagtekin Prix Mallarmé 2007

Patrice Delbourg Pour la parution de L’Année poétique 2008

Ariane Dreyfus Pour la parution de Iris, c’est votre bleu

Jean-Luc Steinmetz Pour la parution de Le Jeu tigré des apparences

LE PRINTEMPS DES POÈTES www.printempsdespoetes.com


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26/02/2008

Des nouvelles de nos auteurs



----- Original Message -----

From: duszka maksymowicz

To: Le Temps d'Écrire

Sent: Tuesday, February 26, 2008 1:22 AM

Subject: Il faut savoir... (Aznavour)

Bon...jour (vu l'heure) cher Michel,

Vanik, mon ami et maire sortant m'a proposé de faire partie de sa prochane équipe municipale. J'ai refusé ave beaucoup de délicatesse ce que je considère comme un honneur. Je suis trop fatiguée et handicapée pour être une conseillère municipale fiable. Je n'aime pas l'idée de mettre en difficulté un collectif actif par des absences répétées.

71 ans, un cancer dont le traitement me laisse encore des séquelles invalidantes et douloureuses, ce n'est pas sérieux de s'engager avec ce handicap. C'est un peu triste, car, pour moi c'est la fin de ma vie de militante sociale et politique active. Il faut savoir dire non avec tact quand le moment est venu.

Je n'ai aucune amertume de ma situation actuelle : c'est la vie. Maladie et "grand âge" en font partie. J'ai donné à mon ami Vanik mon soutien public, car j'ai une petite notoriété d'estime ici.

La maladie et la mort de mon fils me sont passé sur le corps et l'âme : il y a des traces, et ma propre maladie prend à mon avis ses sources dans l'épuisement. Pendant des mois et des mois j'ai puisé sans compter dans mes forces physiques et mentales.

C'est maintenant le temps de la résilience. Elle se fait pour moi dans l'écriture. J'ai travaillé tout aujourd'hui avec beaucoup de concentration et de plaisir. J'écris en ce moment dans l'aigu de mon style. Je goûte les mots avant que de les jeter sur le papier, puis l'écran. C'est une gourmandise raffinée.

A propos, je me doute d'un lapsus que j'ai fait avec mon mari, et que j'ai dû faire en vous parlant. Mes ennuis digestifs s'accompagnant souvent de nausées, j'ai parlé à mon mari du "dégueuloir" et non du gueuloir et cela nous a fait beaucoup rire. Je me demande si je ne vous ai pas dit la même chose, tant le physique désastreux avait imprégné mon vocabulaire ces temps-ci !

Dans la serre, les semis commencent à lever, j'adore cette période de promesses. Dans quelques jours ce sera les repîquages en pots et dans un mois les repîquages en place. Tout fleurit, pas encore le cerisier cependant, ni le pommier, prudents, ils craignent sans doute un retour du froid très cruel.Les pommes de terre sont en terre, demain les radis. Ces gestes sont pleins de noblesse et de calme. Le jardinage est un art (y compis dans le potager) qui me donne infiniment de sérénité.

Nous avons un président (sans majuscule ce serait de la confiture au cochon) qui met son pays dans le caniveau, s'assied sur les principes fondamentaux : jusqu'où va-t-il aller ? Vers une dictature ? C'est vraiment un petit bonhomme inculte et vulgaire, cabot et culotté, sans le moindre scrupule. Il doit pêter les plombs dans les bras de sa guitariste langoureuse ! Tout cela est bien triste.

Je vous embrasse en vous souhaitant une bonne nuit que je pense déjà bien engagée...

----- Original Message -----

From: Le Temps d'Écrire

To: duszka maksymowicz

Sent: Tuesday, February 26, 2008 7:13 AM

Subject: La force de la vie qui continue son chemin et nous irrigue : elle est notre bien

Ma chère Duszka !

A 1h 22 je dormais à poings fermés après avoir revu tôt la veille "La Strada" de Fellini qui est un film totalement génial.

Ce matin, à la fraîche, dans le calme de mon appartement, quelle chance j'ai de l'habiter, je lis votre présent courriel.

Une fois de plus je retrouve la musique de votre style, fils de la précision et du tact : une prose élégante et lumineuse qui porte la vie dans sa complétude même.

Une prose essentielle.

Vous avez eu raison de refuser cette charge de conseillère municipale. Il faut savoir mesurer ses forces et accomplir ce que nous sommes à même de réaliser, sans trop puiser dans nos forces ('j'ai beau jeu de dire cela, moi qui travaille d'arrache-pied !) : la sagesse a guidé votre choix et je m'en réjouis.

Je pense qu'en écrivant vos oeuvres nouvelles vous continuez votre travail citoyen, que vous perséverez dans la voie de l'engagement : écrire c'est en effet s'engager, c'est témoigner, c'est contribuer à agir sur soi et sur autrui dans le monde : les auteurs sont responsables de leurs écrits face aux lecteurs : l'écriture, à mon sens, est la chambre d'echo des valeurs libertaires que vos pensées et vos actes incarnent.

Si vous devez tirer votre révérence à des occupations que eussent pu être vôtres quand vous étiez plus jeune, il n'en demeure pas moins que vous restez vaillante malgré votre âge et malgré la maladie, et que votre travail d'écrivain perdure, avec le soutien, vous le savez, des EMC.

Dans "Dégueuloir", il y a le "Gueuloir" cher à Tatave Flaubert, et qui fut son banc d'essai littéraire, et également "Des gueuloirs", ce qui donne plusieurs autres outils à l'écrivain que vous êtes.

Ce qui compte, j'ose dire seulement, c'est l'instant que l'on vit, car en le bien vivant on s'engage à bien vivre ceux qui suivront. La nostalgie, le regret ou le remords sont invalidants pour l'être : "L'homme (NDLR : et la femme !) qui regrette est semblable au chien qui mord la pierre", disait le grand Ni-Nietsche peau d'chien, le flamboyant Friedrich.

Il avait raison, le bougre : "Carpe Diem, Size the day, Vivre le moment présent (et rien que lui). L'infini est dans le fini de chaque instant", voici quatre slogans qui sont l'expression d'une philosophie du quotidien, à laquelle tout un chacun gagne à se réabonner, à chaque jour qui se lève.

A l'instar de la fable de la mythologie grecque, celle ou celui qui se retourne sur son passé pour le contempler nostagiquement reste figé par l'impuissance sur le chemin : ce qui compte, c'est aujourd'hui.

Aujourd'hui voulant dire demain !

Vous allez pouvoir continuer de concentrer vos forces sur votre oeuvre, entourée de votre mari, de vos enfants, de vos amis, de vos relations, dans la rutilance de votre Berry, celui que vous aimez tant.

Le monde des sensations est là, nous baignons dedans. Le serrer au plus près est une porte ouverte en permanence à l'artiste et artiste vous l'êtes.

Il est 6 h 50 : continuons à vivre cet aujourd'hui qui est notre laïc royaume, car mieux vaut le vin d'ici que l'au-delà !

Toute mon amitié, ma chère Duszka, mon amitié fraternelle !

Ps : Nicolas Sarkozy : qu'une majorité d'électeurs ait pu plébisciter et continue de respecter un tel contre-exemple de sagesse montre que beaucoup d'hommes et de femmes ont encore du chemin à faire pour commencer à penser au lieu de réagir. Le monde est encore situé dans la préhistoire des dinosaures capitalistes qui anesthésient les esprits. La réaction ne peut être l'action. Nous sommes responsables de nos actes et le Pouvoir est maudit.

Ps 2 : si vous le souhaitez, mais si vous le souhaitez seulement, bien entendu, je vous propose de publier notre présent échange de courriels sur le blog du site des EMC avec une photo nouvelle et récente de votre maison. Votre demeure.

Ps 3 : je n'ai pas pu encore m'occuper de votre projet de CD avec Fabienne : j'ai en priorité une multitude de tâches à effectuer, et parmi elles celle d'assurer la promotion de votre livre. Mais j'y travaillerai.

Michel Champendal, éditeur et diffuseur de livres aux E.M.C.


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26/02/2008

Marina : oeuvres photographiques



Marina, vous la connaissez : ses oeuvres ont déjà été éditées sur le blog du site des EMC www.champendal.com

Aujourd'hui voici quelques autres photos d'elle : ce qu'il y a de bien quand on regarde les photos d'une jolie femme, c'est qu'on peut l'imaginer telle qu'en elle-même, la belle inconnue, et cette poussée de l'imaginaire, voyez-vous, nous éloigne résolument de la mélancolie.

Non ?

Ne pas éditer les photos d'une femme auteur qui vous les propose quand on est éditeur de livres, d'une lettre d'information, d'un blog et d'un site, m'apparait aussi criminel que de voter pour un tyran, oui da !

Alors j'édite.

J'édite

Tu édites

Il édite

Nous éditons

Vous éditez

Ils lisent.

Marina est non seulement jolie et, disons-le tout net, belle, "un prix de Diane", aurait dit feu mon pote Alphonse Boudard, ce qui est en soi une qualité mais pas un état : elle est également journaliste, peintre, poète, elle photographie et dessine et cette russe, immigrée aux Etats-Unis d'Amérique septentrionale, est une spécialiste de l'oeuvre de Victor Hugo.

Victor Hugo qui raffolait des jolies femmes : un (très) chaud lapin, le Totor !

J'entends d'ici sa tombe qui craque ...

Je vous souhaite tout le bien possible.

Michel Champendal, Président du conseil des éditeurs des EMC.


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18/02/2008

SAINT VALENTIN



"Illustration inédite de Paolo Henriques"

DENIS PARMAIN, UN BRETTEUR SUR PAGES

En dessous du visuel que vous venez de zieuter et avant le texte qui va suivre, et qui traite de la Saint Valentin, voici quelques lignes sur Denis Parmain, l’auteur du dit texte.

« La Saint Valentin, mais c’est passé, dites donc ! » me direz-vous avec un aplomb qui est la marque de votre bonne santé et qui, se faisant, comme le chemin du même nom, vous a une petite gueule toute sympathique.

Oui, elle est passée, la Saint Valentin, passée et trépassée, la bougresse, mais quand on aime non seulement on a toujours vingt ans (ou on va les avoir un jour), mais c’est tous les jours la Saint Valentin, non ?

Celui qui me dira le contraire est un sacré (quoique laïc) hypocrite !

Mais je digresse, je digresse, et ce faisant j’emploie la cadence précieuse de la rhétorique scripturale, avec, vous l’avez noté, une pointe mais vraiment très légère de baroquisme, et procédant ainsi je m’éloigne de la cadence classique, si bien chantée par le camarade Boileau (« Une Corneille, perchée sur une Racine de La Bruyère, Boileau de La Fontaine Molière ! »).

Cessons de tergiverser et de tourner autour de la plaine du Pô (là où ruissellent les potins, parfaitement !) et allons droit au but !

Denis Parmain est un ci-devant citoyen noble de caractère et roturier de naissance.

Il a dix doigts qu’il sait utiliser pour de multiples choses, dont gratter les guitares, accompagner ses gestes d’acteur, car cet ami est comédien (et vous le sa(l)vez, Régina, les comédiens ne sont pas tous sur les planches, situation qui lui arrive par ailleurs et par ici fréquemment : Denis actorise aussi et actuellement dans le métropolitain (pour être honnête) ! Il y chante itou (« Chantitou », ce pourrait être une marque pour des gâteaux, ça !)

Mais revenons à nos boutons, comme on dit dans le Sentier …

Denis Parmain a dix doigts et il joue donc de la guitare et incarne des rôles mettant en œuvre divers personnages. Il ouvre également, lit et annote les documents anciens du Patrimoine, car Denis est médiéviste.

Et puis c’est un auteur.

A ce titre, nous avons souhaité le publier sur notre blog, blague à part !

Ps : et comme me le dit souvent un ami antiquaire (mais qui aime toutefois la capitale égyptienne, rassurez-vous !) : « Si t’es gai, ris donc ! »

Toute mon amitié,

Michel Champendal, président du Conseil permanent des Editeurs et des Lecteurs des EMC

La Saint Valentin

Proverbe valentinesque

« L'amour comme le manège c'est toujours pareil. Et on repaye toujours pour en refaire un tour! »

Le silence était là

avec lui,

mais sans elle ...

Il attendait que le silence

lui parle de fesses

mais cesse

de lui faire abstinence

de râles

autres que les légers chuintements

d'une respiration régulière

obstinément onanique.

Alors seul,

le bruit de deux grandes bottes en caoutchouc

enfilées au bas du pyjama rayé

a rompu ce vide ...

Plus tard dans la nuit étoilée de la Saint Valentin,

un grand béééééééééééééééé

orgasmiquement amoureux

a rempli l'atmosphère du village endormi.

Bougre de bouc, c'était la chèvre avec les pattes arrières

prises dans deux grandes bottes en caoutchouc,

entre mollets poilus et pyjama rayé.

Eh, la fête du 14 février c'est pour tout le monde, non ?

Le Docteur Parminos


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